Lot n° 103
Estimation :
3000 - 3000
EUR
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: 4 000EUR
BARBEY D'AUREVILLY Jules. - Lot 103
BARBEY D'AUREVILLY Jules.
Le Monsieur Dimanche de la Royauté. Manuscrit autographe signé. (Paris, février - mars 1873) ; 2 grandes pages in-folio très denses aux encres noire, rouge et violette sur deux feuillets. CHRONIQUE CAUSTIQUE INÉDITE INSPIRÉE PAR L'ACTUALITÉ POLITIQUE DE L'ESPAGNE. La destitution de la reine Isabelle II en 1868 avait laissé le trône d'Espagne vacant. Après une période d'instabilité Amédée de Savoie avait, en 1870, accepté la couronne mais avait abdiqué en février 1873, laissant la république s'instaurer (jusqu'en décembre 1874 où les Bourbons furent restaurés en la personne d'Alphonse XII). Barbey intervient : « Il se passe, à ce moment, en Europe, une haute scène de comédie que nous avons vue maintes fois au théâtre [... ] Molière sans le savoir a deviné l'histoire [... ] Le jeune roi ennuyé de ne pouvoir être roi, quand il avait tant envie de l'être, donne sa démission, comme un sous-lieutenant impatienté de s'en retourner chez son père [... ] Tout cela n'est pas très grandiose, très héroïque [... ] Oui, voilà qui m'étonne et me fâche... ». Barbey considère que les rois doivent faire preuve de plus d'énergie et de courage quitte à « se faire fusiller comme Maximilien, guillotiner comme Louis XVI, décapiter comme Charles Ier, et d'introduire dans l'histoire, au lieu de la Tragédie qui grandit, la Comédie qui diminue ». Il reproche aux rois modernes de ne rien faire que «mettre une couronne comme un bonnet, pour s'en aller se coucher, non pas dans un cercueil, mais en donnant le bras à sa charmante femme, et cela, dans un pays où le moindre toréador vous donne une excellente leçon de politique en essayant de prendre le taureau par les cornes ou en l'éventrant d'un coup d'épée ! » Et de s'en prendre à la famille d'Amédée Ier : « Ils ne sont pas assez de maison royale, dans la maison de Savoie, pour avoir cette facilité à l'abdication [... ] J'ai vu Charles X s'en aller avec ses compagnies de magnifiques Gardes du corps, la tête basse sous leurs casques humiliés, tout
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