CROIX-RELIQUAIRE EN CRISTAL DE ROCHE Italie,...

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CROIX-RELIQUAIRE EN CRISTAL DE ROCHE Italie,...

CROIX-RELIQUAIRE EN CRISTAL DE ROCHE Italie, XVIe siècle (vers 1520-1530) RELIQUAIRE EN VERMEIL Pierre Germain, Paris, 1762 Dans l'état actuel de nos connaissances et l'aboutissement de nos recherches, nous pouvons attribuer cette croix en cristal de roche et son travail d'intaille de lapidaire, à l'oeuvre de Valerio Belli Il Vicentino (Vicence, 1468 - 1546). La plus grande partie de sa carrière a été faite à Rome, où notamment il a travaillé pour les Papes Léon X, Clément VII et son successeur Paul III, ville qu'il quitte finalement en 1530. À Rome, son nom s'est rapidement fait connaître en tant que membre de nombreux cercles artistiques et littéraires (il aurait notamment été proche de Michel-Ange et de Raphaël pendant cette période). Cette grande croix en cristal de roche est composée de cinq plaquettes intaillées à l'arrière des profils des quatre évangélistes et ornée en son centre du Christ en croix. Les intailles sont encore partiellement dorées. L‘extraordinaire qualité du travail de lapidaire de Valerio Belli rend parfaitement compte de la puissance des dessins qui lui servirent de modèle. On décèle dans le modelé très vigoureux du corps du Christ et l'intensité des attitudes des évangélistes son admiration pour l'esthétique classique de l'Antiquité, y compris jusque dans les détails des chevelures bouclées. Peut-être Valerio Belli s'est-il inspiré des dessins de Perino Del Vaga (Rome 1501-1547), qui seconda Raphaël pour la décoration des loges du Vatican, et était considéré par Vasari comme l'un des meilleurs dessinateurs, après Michel-Ange et Raphaël dont il était un ami très proche, ce dernier peignit d'ailleurs le portrait de Valerio Belli. Par les similitudes des dessins et du travail de lapidaire, nous pouvons rapprocher notre croix de celle conservée au Museo Sacro Biblioteca Apostolica Vaticane. Nous pouvons également la rapprocher de l'ensemble de la croix d'autel et des deux pique-cierges, ornés de plaquettes de cristal de roche gravé intaillé, du Victoria & Albert Museum de Londres, de par la forme de la croix dont les branches sont également trilobées et par la présence des quatre profils des évangélistes et du Christ intaillé, sans toutefois être doré. Cet ensemble est considéré comme un des chefs-d'oeuvre de Valerio Belli. Par ailleurs, le travail de dorure qui se voit encore dans les intailles de cette croix, peut être rapproché d'un médaillon doré, intact, signé VALERIUS.VI.F, de 5 cm de haut, représentant Mars allongé, choisissant entre Minerve et Vénus (collection du Musée de Cleveland, USA). La musculature de Mars est vraiment celle d'un Dieu Antique, et n'est pas sans rappeler celle du Christ de notre croix. Nous savons que Valerio Belli travailla à Rome entre autre pour le pape Clément VII qui lui commissionna une croix en cristal de roche en 1524, aujourd'hui perdue. Un mandat de paiement de Clément VII, du 30 novembre 1524, fut publié par E. Muntz dans Archivio Storico dell'Arte, I-1888 facs.2, page 40, le nomme Valerio Vinetiano. Le Reliquaire en vermeil, la base ovale est ornée d'une frise de feuilles d'acanthe, l'ombilic, ciselé de godrons piriformes et rayonnants sur fond amati, est appliqué d'un médaillon sommé d'un ruban noué, cerné de feuilles de laurier en chute, portant l'inscription «ECCE/ LIGNUM/ CRUCIS». Entre deux collerettes godronnées, le noeud balustre gravé de rayons lumineux et filet lenticulaire sert de réceptacle à la petite croix-reliquaire en cristal de roche entourée de filigranes d'argent avec son sceau de cire rouge retenu par une cordelette; celle-ci visible des deux côtés dans une fenêtre, contient un fragment de la «Vraie Croix»; l'ensemble est fermé au revers par un encadrement fileté muni de quatre vis, s'incorporant dans le réceptacle. Sur la partie supérieure, le culot gravé de roseaux, feuillage ou couronne d'épines se visse sur la collerette, et sert d'appui à la grande croix en cristal de roche. Sous la base fermée par une plaque à charnière, en argent et vermeil, se placent les documents anciens joints au reliquaire. Poinçons (sous la base): Maître Pierre Germain, une fleur de lys couronnée, deux grains, PG, un germe; maison commune: Y couronné, Paris 1762; charge: A couronné, Paris 1756-1762; (sur la bordure de la base et sur l'encadrement fermant le réceptacle) décharge: une coquille, Paris 1756-1762. Pierre Germain dit le Romain (1703-1783) reçu maître en 1744, s'est formé dans les ateliers des orfèvres du roi, notamment chez Thomas Germain, son homonyme mais non son parent. Après un séjour à Rome (1729-1733), on le surnomme désormais «le Romain», il entre ensuite dans l'atelier de Jacques Roëttiers demeurant «aux Galeries du Louvre». En 1736, il commence tardivement son apprentissage chez Jacques Besnier. On estime qu'une partie de la notoriété de Pierre Germain résulte de la publication de ses deux recueils de dessins «Les Eléments d'Orfèvrerie» en 1748, dont la moitié (cinquante planches) correspond à de l'orfèvrerie religieuse, et un «Livre d'Ornemens» paru en 1751. C'est vers 1760 que se situent ses réalisations les plus nombreuses, en particulier l'année 1762, au cours de laquelle sa production atteint 125 kg (Cavalié, 2011, p.213). Parmi sa clientèle la plus prestigieuse on peut citer, (en sous-traitance avec Thomas Germain), le roi Joseph Ier du Portugal; la princesse des Asturies, dont en 1765, il exécute la toilette en vermeil en collaboration avec Thomas Chancelier et Philippe Caffieri; le comte d'Artois, et la princesse de Ligne en 1782. Une cinquantaine de pièces seulement de Pierre Germain ont été retrouvées, pour la plupart d'un style épuré, elles sont réalisées avec une grande finesse et une parfaite exécution, à l'instar de celle que nous présentons. À l'analyse des documents anciens accompagnant le reliquaire: une attestation «d'un fragment de la Sainte Croix» datée du 16 avril 1760, signée du Cardinal Vicaire de Rome et de l'autorisation d'exposer à l'église du chapitre de Sully «la susdite relique» accordée en 1776 par l'évêque d'Orléans au duc de Béthune, il parait possible d'établir des liens entre Pierre Germain et les Béthune; l'orfèvre en effet, semble s'être installé dès 1756, quai des Orfèvres, à la Maison de la Garde Royale, propriété de Louis Pierre Maximilien de Béthune, duc de Sully (1685-1761) et en resta vraisemblablement locataire jusqu'à sa mort en 1783. - Cardinal Antonio-Maria Erba-Odescalchi (1712-1762) - Louis-Sextius de Jarente de La Bruyère (1706-1788) Evêque d'Orléans (1758) - Ministre de La feuille des bénéfices (1757-1771) - Louis Pierre Maximilien de Béthune, duc de Sully (1685-1761) - Maximilien Antoine Armand de Béthune, duc de Sully (1730-1786) Provenance: Famille de La Rochefoucauld. Bibliographie pour la croix: - Pietre dure e medaglie del rinascimento, Giovanni di Castel Bolognese. - L'Opera di Giovanni Bernardi, Valentino Donati, illustrés: Croix: Capitolo di San Pietro, Gentile e Bernardi sculpteurs Quatre Evangélistes: Naples, Museo de Capodimonte - Burlington magazine, Valerio Belli Vicentino - Howard Burns, Biography of the artist,Vicenza 2000 - Valerio Belli Vicentino, Centro Internationale di Studi, Vicenza 2000, iIllustrés: Croix du V & A Londres avec les deux candélabres Grand plat rond Munich Shatzkammer, attribution à V. Belli - Museo Sacro Biblioteca Vaticane Rome, San Matteo Oeuvres de Valerio Belli dont: - Walters art Museum Baltimore Md, USA, Adoration des Bergers - Metropolitan Museum of Art New York City, USA, Entry of Christ into Jerusalem - Cleveland Museum of Art, Cleveland, Ohio USA, Médaillon ovale, cristal de roche doré - Coffret de Valerio Belli: offert au Pape Clement VII. - Plaquette de cristal de roche: Vicenza Museum et plaque de bronze - La Croix dans l'Art au cours des siècles, Illustrations de peintures seulement - Perino del Vaga, Mantova catalogue Exposition: dessins profanes et religieux, dont un dessin de jeune homme nu, et médailles commémoratives. - Dictionnaire liturgique de Lyon; Second Empire, grands orfèvres lyonnais, XIXe siècle - Archivio Storico Dell'arte, I-1888 facs.2, page 40. Bibliographie pour le reliquaire: - P. Guilmard, Les maîtres ornemanistes, Paris 1880- G. Bapst, Études sur l'orfèvrerie française au XVIIIe siècle, Les Germain, orfèvressculpteurs du Roy, Paris 1887. - A. Marcel, L'orfèvre Pierre Germain dit le Romain (1703-1783), Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1916. - H. d'Escayrac-Lauture, ép. Cavalié, L'orfèvre Pierre Germain dit le Romain (1703- 1783), une vie à l'ombre des orfèvres du roi, thèse, université Paris-Sorbonne, déc 2011.
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