Frédéric MISTRAL - Lot 154

Lot n° 154
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Frédéric MISTRAL - Lot 154
Frédéric MISTRAL Lettre autographe à Jules Bois, Président des Félibres de Paris avec le très important poème inédit qui traduit pour lui toute son OEuvre Poétique et peut-être son état d'esprit du moment. « Maillane le 11 mai 1911 Mon Cher ami, puisque c'est bien Dimanche que vous allez à Sceaux inaugurer le buste de Mistral, je ne puis faire moins que vous adresser pour cette Fête la traduction d'une poésie inédite, La Hantise, qui est un peu la synthèse de toute mon oeuvre de poète , vous en ferez ce que vous voulez , je vous remercie une fois de plus F Mistral » Il est amusant de voir que ce poème a été écrit sur le faire part de Mariage de La fille de Comtesse de Saint Roman. La Hantise (traduit du provençal ) L'apparition falote Qui nous hèle parfois, Lorsque rodent nos pas Parmi les champs incultes, Au temps de ma jeunesse, Vers l'abbaye des Moines Sur Mont-Major là-bas, Je l'avais rencontrée. « Je suis l'ombre, dit-elle, Des choses moribondes Et des splendeurs anciennes Dont on ne parle plus. Je suis l'âme fantasque Et la féerie antique De tout ce qui fut beau Et qui meurt aujourd'hui Et sur les tombes vaines Quand l'herbe étend sa housse, J'y brode, moi, des fleurs, De toutes les couleurs. Car je suis la légende Qui égaie la Noël Avec la sainte bûche Brulant sur les landiers Et je suis la redite Des contes et sornettes Qu'en tournant son fuseau L'aïeule débitait. Je suis le souvenir Et la maintenue vague De tout ce que l'oubli Recouvre de joli Et je suis le caprice Des légers farfadets Qui font peur aux agneaux Avec leurs cabrioles. Et je suis l'eau qui pleure, Quand vient l'heure du soir, Et je suis l'eau qui rit, Lorsque le soleil point. Et je suis une image Des dames qui, devant Leurs Castels de Durance, Cambraient des pirouettes. Veux-tu ? je suis Mabile Ou Briande ou Sibylle, Baussette, Azalaïs, Les reines du pays ! Ou sous les oliviers, La petite Escrivette Qu'un maure à turban blanc Enlève pantelant Et je suis l'eau qui pleure, Quand vient l'heure du soir, Et je sui
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